Le gaz est une ressource naturelle qui intéresse de plus en plus d’acteurs. Il répond déjà au quart de la demande mondiale d’énergie et il est à l’origine de 36% de la production d’électricité. De plus, les réserves sont abondantes et le gaz a surtout l’avantage d’être moins polluant. Ainsi, la consommation de gaz devrait croître beaucoup plus vite que celle des autres énergies fossiles pour doubler d’ici 2030. Les acteurs du secteur sont attirés par ce marché, soumis à une concurrence très forte.
En amont de la filière, les compagnies pétrogazières sont fortement présentes et cette activité tend à devenir un enjeu majeur pour elles. Elles se livrent ainsi à une concurrence féroce et ces dernières années, des mouvements stratégiques ont été opérés par les grands groupes. L’américain ChevronTexaco a créé un pôle gaz dans son organisation il y a deux ans seulement mais investit massivement dans la construction du Port Pelican, gigantesque terminal gazier situé au large de la Louisiane. Le numéro un mondial, ExxonMobil, a pris 30% de participation dans le projet Qatargaz 2 qui devrait produire 14 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an à partir de 2006. Total pourrait également participer à ce projet. Par ailleurs, le groupe français est bien placé en Arabie Saoudite, en Birmanie, au Yémen ou en Iran et tente de s’offrir une porte d’entrée en Russie en prenant 25% du capital du gazier Novatek (sous réserve d’acceptation du conseil de la concurrence russe). Le groupe anglais BP mise beaucoup sur sa coentreprise russe TNK-BP. Quant à Shell, les investissements se sont portés sur Sakhaline 2 (gisement de Sibérie). Les compagnies pétrolières sont en concurrence avec les producteurs nationaux tels que le géant russe Gazprom.
Un peu moins en amont de la chaîne, les électriciens et les gaziers reformulent leur stratégie et se tournent vers des capacités de production ou vers des parts de gisement pour garantir la sécurité des approvisionnements. L’électricien allemand E.ON a été l’un des premiers à faire mouvement dans le gaz en absorbant Rurhgas et en prenant 6,5% de Gazprom à l’occasion de la mise en bourse du géant russe. Le groupe EDF prévoit d’investir 6 Milliards d’euros dans le gaz dans les trois ans. La menace de l’intégration par l’aval de clients tels que les électriciens est ainsi forte.
Des « Petit Poucet » tentent de profiter de la libéralisation des marchés pour s’implanter dans le secteur du gaz. C’est le cas d’Altergaz et de Poweo en France. Altergaz a été créé en décembre 2003 et profite de ses faibles coûts de structure pour concurrencer les autres opérateurs gaziers. Altergaz a déjà prévu de se développer sur le marché des particuliers lors de son ouverture (1er juillet 2007). Poweo, lui, vise à l’horizon décembre 2005 un objectif de 15000 clients pour un chiffre d’affaires de 7 Millions d’euros dans cette activité.
Les grandes manœuvres gazières sont nombreuses et devraient se poursuivre dans les prochaines années.
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